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Moins d'augmentations salariales cette année au Japon
information fournie par Reuters 13/03/2019 à 11:19

    * Les hausses de salaires n'égaleront pas celle de 2,26% en
2018
    * Les firmes nippones préfèrent distribuer des primes
ponctuelles
    * La réforme du travail entre en vigueur le 1er avril

    par Tetsushi Kajimoto et Yoshiyasu Shida
    TOKYO, 13 mars (Reuters) - De grandes entreprises japonaises
ont proposé mercredi des augmentations salariales moindres que
celles de l'an dernier lors des négociations annuelles qui se
tiennent en ce moment, tempérant l'espoir d'un rebond de la
consommation des ménages.
    Comme lors des cinq dernières années, le Premier ministre
Shinzo Abe maintient la pression sur les grands groupes afin
qu'ils revalorisent les salaires et prennent ainsi leur part de
l'effort pour vaincre la déflation dans laquelle le Japon est
resté englué pendant une vingtaine d'années.
    Mais avec le ralentissement économique à l'oeuvre, les
entreprises rechignent à augmenter leurs coûts fixes.
    Les résultats des négociations dites "Shunto" entre le
patronat et les syndicats, principalement dans les secteurs de
l'automobile et de l'électronique, donnent le ton pour
l'évolution des salaires dans l'ensemble de l'Archipel.
    "Il est à craindre que la dynamique des augmentations
salariales faiblisse au moment où l'inflation sous-jacente reste
basse et dans un contexte international incertain", déclare
Hisashi Yamada, économiste au Japan Research Institute.
    "Les incertitudes sont élevées à l'étranger avec la guerre
commerciale USA-Chine et la situation politique instable en
Europe. A cela vient s'ajouter la hausse prévue de la TVA au
Japon en octobre."
    Par prudence, les firmes japonaises préfèrent offrir des
primes ponctuelles plutôt que d'augmenter le salaire de base de
leurs employés, qui sert au calcul des pensions.
    Toyota   7203.T , le premier constructeur automobile nippon,
a proposé mercredi une revalorisation salariale moyenne de
10.700 yens (85,13 euros), soit 1.000 yens de moins que l'an
dernier, ont rapporté les médias locaux.
    Les géants de l'électronique comme Panasonic  6752.T 
offrent une augmentation de 1.000 yens du salaire de base,
moitié moins que la hausse de l'an dernier.
    
    ENCADRER LES HEURES SUPPLÉMENTAIRES
    L'Institut de l'administration du travail, un centre
d'études, estime que la croissance salariale ne dépassera pas
2,15% cette année en dépit des abondantes réserves de trésorerie
des grands groupes.
    La hausse des salaires avait culminé à 2,38% en 2015, un
plus haut de 17 ans.
    Une enquête Reuters publiée le mois dernier montrait qu'une
faible majorité (51%) des entreprises nippones entrevoyait une
hausse des salaires comprise entre 1,5 et 2% cette année, contre
une hausse moyenne de 2,26% l'an dernier.
    Les négociations salariales de ce printemps coïncident avec
l'entrée en vigueur de la réforme du travail adoptée en 2018 par
le Parlement, qui vise notamment à encadrer les heures
supplémentaires effectuées en nombre au Japon.
    La réforme vise aussi à réduire les disparités salariales
entre salariés à vie et contrats précaires, et relève l'âge de
la retraite en réponse au vieillissement de la population.
    L'entrée en vigueur de ces mesures fait quelque peu de
l'ombre au shunto cette année. 
    "Les employeurs comme les syndicats se focalisent moins sur
les revalorisations salariales", observe Kiichi Murashima,
économiste à Citigroup Global Markets Japan. "Ils se penchent
sur un éventail plus large de questions comme les disparités
salariales, la productivité ou l'équilibre entre travail et vie
privée."
    Les syndicats nippons sont moins agressifs que leurs
homologues occidentaux dans leurs revendications à cause de la
tradition locale d'emploi à vie et de loyauté envers
l'entreprise.
    Avec l'explosion des contrats courts, qui représentent
désormais près de 40% des emplois au Japon, le taux de
syndicalisation a en outre reculé, limitant le pouvoir des
organisations représentatives face au patronat.

 (Avec la contribution d'Izumi Nakagawa et de Maki Shiraki,
Véronique Tison pour le service français, édité par Tangi
Salaün)
 

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